En Bref, Santé

Psychisme, Santé Mentale : Pensées et émotions

Et si nous réfléchissions un instant, à nos propres pensées ; cette partie intégrante de notre être, de notre identité, et de notre organisme. Pouvons-nous assimiler la pensée à une production de notre cerveau, à l’image des battements produits par notre cœur ? Et si nos émotions étaient davantage apparentes ou, plus exactement, moins profondes ? Ne seraient-elles pas similaires à nos sensations superficielles, telle la chaleur de l’air ambiant sur la peau ?

En considérant ces hypothèses, l’interaction entre la pensée et l’émotion se manifesterait de façon complexe par un ensemble d’expressions physiques, autrement appelé le « comportement », qui viendrait, à son tour, compléter l’unité psychique.

Ces hypothèses, initialement élaborées par les grands philosophes des temps passés et par les premiers psychanalystes, ont interpellé les scientifiques actuels, dans les domaines de la psychologie clinique, des neurosciences ou encore de la psychiatrie translationnelle, permettant d’aboutir à une représentation mieux structurée du psychisme. Ce dernier, bien que complexe par la multitude des angles sous lesquels nous pouvons l’observer, constitue le noyau de l’être humain.

Dans l’état normal, ces différents piliers du psychisme fonctionnent en harmonie, avec comme finalité une expression comportementale, plus ou moins adaptée aux normes communes. Ainsi, comme pour les autres fonctions de l’organisme humain, tout décalage entre ces piliers peut entraîner une anomalie de l’ensemble des fonctions mentales, sous des formes variables, enkystées ou ostentatoires, en fonction de facteurs déclenchants qui peuvent être internes et/ou externes.

A ce propos, la médecine moderne, fondée sur l’observation et l’analyse des faits, reconnaît le bien-être mental comme une partie indissociable de la santé globale, et les troubles psychiques comme de vraies maladies, à l’instar des maladies organiques. Il est toutefois admis que les troubles psychiques sont le plus souvent organiques, d’où la nécessité d’une prise en charge médicale qui débutera par un diagnostic étayé, afin de pouvoir proposer, si nécessaire, un traitement en s’appuyant sur les données de la recherche scientifique.

Par Dr Noura KADIM

Psychiatrie, Psychogériatrie,  Addictologie et psychothérapie 

kadim.noura@gmail.com